Le Récap' du 26/10

Dernière mise à jour : 10 déc. 2020

Cette semaine a été marquée par deux actualités fortes : la confirmation de la seconde vague pandémique et le nouvel attentat qui a frappé Nice jeudi dernier, presque une semaine après la mort de Samuel Paty.

Si la reprise de la pandémie de Covid-19 s’observait depuis près d’un mois déjà, cette semaine semble avoir marqué une nouvelle étape dans la crise. Les nombres de contaminations quotidiennes d’une part ont atteint de nouveaux sommets, avec plus de 90 000 cas par jours aux États-unis à la veille des élections présidentielles et plus de 600 000 cas quotidiens en Iran qui bat un record et est parmi les pays les plus touchés. Et d’autre part la mise en oeuvre de nouvelles mesures pour entraver la progression du virus illustre sa dangerosité actuelle. L’Europe en particulier cette semaine à enregistré beaucoup de ces mesures à l’image de l’annonce du reconfinement par Emmanuel Macron mercredi 28 au soir, après une semaine d’un couvre-feu qui se généralisait, ainsi que celle le même jour par Angela Merkel de nouvelles mesures concernant notamment la fermeture de commerces, après que l’Italie et l’Espagne aient fait de même le week-end dernier. Mais outre l’enjeu sanitaire évident de ces initiatives visant à empêcher le débordement des hôpitaux, c’est leur dimension politique qui s’est imposée cette semaine. En Italie, de nombreuses manifestations ont éclaté depuis le week-end dernier, dans les grandes villes puis plus largement à l’échelle du pays, pour protester contre les nouvelles mesures. Elles ont impliqué des violences dans les métropoles notamment du fait d’individus d’extrême droite. En Belgique, c’est le gouvernement très récent - 1 mois d’existence - d’Alexander de Croo qui est pointé du doigt pour sa gestion de l’épidémie dans un pays qui avec plus de 20 000 cas quotidiens le 27 octobre est le plus touché d’Europe, et où le fédéralisme rend très compliquée la lutte contre le virus. En effet, ce que les Belges qualifient de « lasagne institutionnelle », l’enchevêtrement des pouvoirs locaux, rend impossible la gestion sur le plan national de la crise. Même la Suisse, dont le modèle politique est souvent vanté, et qui avait assez bien géré la première vague épidémique, voit aujourd’hui critiquer son gouvernement fédéral pour ne pas prendre en main la politique sanitaire à la place des cantons. La seconde vague pandémique n’est donc en Europe plus seulement un enjeu de santé publique, mais aussi un défi politique pour les gouvernements qui peinent à trouver un moyen d’endiguer la pandémie sans s’aliéner une part grandissante de leur population.

Hommage national à Samuel Paty le 21 octobre, Cours d'honneur de la Sorbonne

Dans un tout autre registre, l’actualité Française à été marquée cette semaine par un nouvel attentat ainsi que des tensions avec les mondes musulmans. L’hommage rendu à Samuel Paty mercredi 21 par le chef de l’état qui soutenait les caricatures du prophète a d’abord provoqué l’ire de plusieurs pays musulmans, Turquie en tête. Recep Tayyip Erdogan à ainsi personnellement appelé au boycott des produits français, tandis que dans certains pays comme au Bangladesh, ce sont des milliers de manifestants qui ont protesté contre Emmanuel Macron. En réponse, l’ambassadeur Français en Turquie à notamment été rappelé par Paris le 27 octobre et le président à réaffirmé sa position sur la liberté d’expression. En parallèle, une nouvelle attaque au couteau a fait cette fois 3 morts dans la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption à Nice, ville déjà touchée par les attentats. En l’espace de seulement deux semaines donc, la France est devenue toute à la fois victime et cible. Victime d’une résurgence d’attaques terroristes sur son sol, et cible d’une partie de la communauté internationale musulmane pour ce qui est considéré comme une atteinte à l’islam. La conjonction de ces évènements, qui plus est dans le contexte du procès Charlie Hebdo, a inévitablement réactivé la thématique de l’islamisme dans le débat public, notamment autour des questions de la liberté d’expression donc, de l’encadrement de la religion musulmane et de la gestion de la menace islamiste. S’il est encore impossible de prévoir jusqu’où ira cette flambée de violence et de tensions, ses conséquences politiques en France sont déjà bien palpables dans le débat public.

Par ailleurs, cette semaine a aussi été une semaine de votes, avec d’abord deux présidentielles en Afrique : la première a eu lieu en Guinée le 24 octobre, la seconde le 31 en Côte d’Ivoire. Toutes deux ont été émaillées de violences et ont échoué dans la mesure où les opposions de chaque pays ont contesté les scrutins. Le risque est réel dans les jours à venir que les affrontements, déjà très meurtriers, se poursuivent voire s’amplifient. En Europe aussi les scrutins ont jalonné cette semaine, avec le 31 octobre une élection présidentielle en Moldavie où les deux principaux candidats illustrent chacun ouvertement des lignes pro-russe et pro-européenne et qui ouvre donc une nouvelle fracture en Europe centrale entre l’UE et la Russie, puis le lendemain une législative en Géorgie dont l’enjeu est pour une opposition exceptionnellement unie de remplacer un parti omniprésent, « Rêve Géorgien ». Enfin, deux référendums, le premier au Chili, le second en Algérie, se sont aussi déroulés. Le premier à eu pour résultat le 25 octobre de lancer un processus constitutionnel mené par une convention constituante élue pour l’occasion, le second qui s’est déroulé dimanche 1er novembre devait permettre d’adopter une constitution donnant l’illusion d’accéder aux demandes du Hirak, mouvement pour le changement en Algérie, mais n’a dupé personne. Cette semaine a donc été le théâtre de plusieurs scrutins plus ou moins démocratiques mais à la portée importante, qu’il s’agisse de déterminer le futur de sa démocratie ou de lutter contre des pouvoirs autocratiques. Surtout, leurs retombées dans les prochains seront probablement très importantes.


Benjamin Milkoff

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