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Le Récap' du 13/12

Dernière mise à jour : 20 déc. 2020

Cette semaine a été marquée par plusieurs développements dans les relations internationales. Au niveau Européen d’abord, la fin d’année est chargée, et deux dossiers achoppaient jusqu’ici : l’accord commercial avec le Royaume Uni dans le cadre du Brexit, et le plan de relance historique rendu nécessaire par le Covid. En ce qui concerne le Brexit, qui doit entrer en vigueur au 31 décembre, le no deal commercial synonyme d’une relation bilatérale aux normes de l’OMC se fait de plus en plus menaçant, car les deux partis campent sur leurs positions bloquant les négociations. Les questions de la frontière Nord-Irlandaise, de la pêche dans la Manche et des normes de concurrence imposent en effet que l’un ou l’autre mette de l’eau dans son vin, et ni le Royaume Uni, attaché à sa souveraineté, ni l’Europe qui fait front uni sur le sujet, ne veulent céder quoi que ce soit. Pourtant, un accord trouvé mardi permettait de régler le problème de la frontière Irlandaise, créant une barrière douanière en Mer d’Irlande. Mais malgré un diner de trois heures entre Boris Johnson et Ursula Von der Leyen mercredi soir, aucun progrès ne se dessine à moins de 20 jours de la date fatidique. Un no deal étant très dommageable pour le Royaume-Uni, peut-être a-la situation se dénouera-t-elle dans les derniers jours du mois de décembre, mais d’ici là, aucun des négociants n’entend céder dans le rapport de force qui s’est progressivement installé. Pour ce qui est du plan de relance, inédit car il nécessite que l’UE s’endette pour venir en aide aux économies impactées et car il doit être conditionné au bon respect de l’état de droit, la Hongrie et la Pologne ont finalement cessé de bloquer son entrée en vigueur jeudi soir. Cela fait suite au dévoilement la veille d’une « déclaration interprétative » prévoyant un recourt possible de l’état accusé de ne pas respecter l’état de droit auprès de la Cour de justice Européenne. Concrètement, ça signifie que les sanctions qui menacent les deux états d’Europe Centrale pourraient être repoussées à 2022. Mais c’est surtout leur isolement croissant au sein de la Communauté qui rendait leur position difficilement tenable. En effet, ils risquaient d’être tout bonnement exclus du plan de relance, et de voir la part du budget européen qui leur est alloué diminuer.


Boris Johnson et Ursula Von der Leyen posant devant les photographes à la Commission Européenne


Au plan mondial, c’est le climat qui a mobilisé la communauté internationale samedi 15 décembre, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’accord de Paris. Cette occasion devait permettre de raviver l’espoir et le dynamisme des états autour de la réduction du réchauffement planétaire. Le Royaume-Uni et la France ont donc organisé un sommet virtuel au cours duquel les états invités devaient annoncer leurs objectifs climatiques à la hausse - comme c’est prévu dans l’accord de 2015 alors que seuls 20 pays responsables de 7 % des rejets carbonés ont présenté à l’ONU ces nouvelles progressions -, alors que la trajectoire actuelle tend vers un réchauffement de 3, à 4 degrés, soit deux fois plus que les objectifs de la Cop 21. Ce sommet succède à la publication mardi du bilan annuel du Programme des Nations Unies pour l’Environnement qui mettait l’accent sur l’opportunité que constituent les plans de relance préparés à travers le monde à cause du Covid. En effet, si l’année 2020 devrait enregistrer une baisse temporaire de 7% des rejets de gaz à effet de serre, la clé du combat contre le réchauffement climatique réside dans la relance des économies, avec ou sans les énergies fossiles. Et si l’esprit du sommet de samedi est de raviver l’optimisme, l’ONU à alerté les états du monde sur leur insuffisante ambition, en l’état actuel des plans de relance.

Cette semaine à par ailleurs encore été marquée par les résultats de scrutins qui se sont déroulés dimanche dernier. En Roumanie d’abord, où malgré une faible participation le Parti Social Démocrate sortant l’a emporté, mais avec une avance insuffisante pour contrer l’alliance entre son adversaire le Parti National Libéral et le jeune parti issu des milieux associatifs et composé d’une jeune génération ayant étudié en Europe Occidentale et voulant remplacer une classe politique ancienne et corrompue, l’USR-PLUS. Outre cette coalition défiant les résultats, c’est surtout la consécration de cette nouvelle force politique qui marque ce scrutin. Par ailleurs, le résultat des législatives au Venezuela n’a guère surpris. Le parti de Nicolas Maduro ainsi que ses alliés l’ont largement emporté et doivent bénéficier de la majorité qualifiée des deux tiers au Parlement, tandis que le boycott de l’opposition, couplé à une situation économique et sanitaire catastrophique, a très largement porté ses fruits. Le taux de participation plafonne en effet à 31%. D’autre part, le Parlement dominé à partir de 2015 par l’opposition et seule forme d’opposition au gouvernement, avait déjà été vidé de sa substance par la création d’une assemblée constituante en 2017 qui avait hérité des pouvoirs du Parlement et était dominé par le parti du président. L’opposition se trouve donc désormais face à une potentielle impasse, ayant échoué à imposer un rapport de force favorable avec Maduro, et étant sorti d’institutions désormais complètement acquises au pouvoir. Seule opportunité, une consultation nationale en ligne à laquelle Juan Gaido, représentant de l’opposition, à appelé à participer en masse suite aux résultats du scrutin. À l’étranger, la plupart des grands puissances ont annoncé ne pas reconnaitre le résultat de cette nouvelle élection.


Le président Nicolas Maduro saluant la foule


Benjamin Milkoff

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