Le Récap' du 21/02

Dernière mise à jour : 22 févr. 2021

Froid Polaire au Texas

L’état de 30 millions d’habitants connait depuis dimanche dernier une vague de froid catastrophique qui a fait chuter le mercure jusqu’à -18 degrés à Dallas, alors qu’il a fait dans le sud plus froid qu’en Alaska. Ces températures inédites ont causé d’importants dégâts aux canalisations dont beaucoup ont rompu sous la force du gel. Nombre de foyers se sont ainsi retrouvés sans eau tandis que 4 millions de personnes ont été privées de courant pendant au moins 48h, le froid ayant paralysé une partie de la production électrique. En outre, l’électricité étant nécessaire au traitement des eaux, elle est souvent devenue impropre à la consommation là où les canalisations ont tenu. De longues files se sont donc constituées pour s’approvisionner en eau potable alors que certains magasins ouvraient leurs portes pour accueillir et réchauffer des personnes vulnérables. Les magasins font aussi face à des pénuries faute d’approvisionnement. C’est donc toute l’activité de l’état qui est paralysée, et malgré les chaînes de solidarité et de secours, le Washington Post faisait état ces derniers jours d’un bilan provisoire d’une trentaine de morts, de froid, d’intoxication au monoxyde de carbone - pour pallier au manque de chauffage, certains utilisent leurs cheminées ou leurs gazinières en continu, et ne peuvent aérer , ou d’asphyxie. De la douleur à la colère, il n’y a qu’un pas, et le gouverneur du Texas Ted Cruz l’a fait franchir a de nombreux administrés en partant en vacances mercredi avec sa famille à Cancun. Rentré le lendemain en prétextant son devoir de père de famille d’éloigner ses filles du froid, ce dernier n’a pas calmé les esprits, loin de là, et l’opposition démocrate réclame désormais sa démission. Si la température est désormais remontée au-dessus de 0, les conséquences de ces quelques jours catastrophiques sont lourdes, tant d’un point de vue humain que matériel. Et pour Ted Cruz, qui entretient des ambitions présidentielles, la polémique baptisées depuis le « Cancungate » pourrait peser très lourd à l’avenir.

La ville d'Austin, au Texas, mardi, alors que le thermomètre affichait -16 degrés (photo par @britneyled sur Twitter)

Myanmar : le durcissement de l’armée

Depuis trois semaines, des milliers de personnes manifestaient pacifiquement contre le coup d’état de la junte, dans l’angoisse croissante d’une répression brutale telle que le pays en a déjà connue par le passé. Alors qu’était annoncée vendredi la première mort de la mobilisation, celle d’une manifestante de 20 ans blessée par balle à la tête le 5 février et hospitalisée depuis, un palier semble avoir été franchi hier. Les militaires ont en effet ouvert le feu sur la foule à Mandalay, deuxième ville du pays, tuant deux autres personnes dont un mineur. Malgré les protestations de la majorité de la communauté internationale - moins la Russie et la Chine, qui bloquent notamment une potentielle résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies - la Tatmadaw, surnom de l’armée, a donc violemment infléchi sa position à l’encontre des manifestants. Elle s’était en effet surtout concentrée dans un premier temps sur la coupure d’internet à plusieurs reprises, mais l’arrivée de blindés dans plusieurs grands villes du pays laissait craindre en début de semaine un tournant dans la répression du mouvement contestataire. Dans ce pays en proie à une guerre civile continue - des groupes armés représentant des minorités ethniques, comme l’Arakan Army pour les Rohingyas, sont en conflit perpétuel avec l’armée, qui est coutumière des viols, massacres, et pillages contre des populations civiles -, l’ensemble de la population s’était insurgée contre la confiscation du pouvoir par les militaires. En particulier, la jeunesse parait déterminée à protéger l’expérience démocratique portée par Aung San Suu Kyi ces dernières années. Les prochains jours seront donc déterminants : jusqu’où ira la violence de la répression ? Combien de temps le mouvement contestataire résistera-t-il ? La communauté internationale parviendra-t-elle à réagir effectivement contre le régime militaire ? Pour l’instant, l’incertitude règne encore en Birmanie.

Une semaine diplomatique

Il y a d’abord eu le G5 Sahel, qui s’est tenu en début de semaine pour réaffirmer les objectifs de la France et ses alliés - Mauritanie, Mali, Niger, Burlkina Faso, Tchad) dans le cadre de l’opération Barkhane. Emmanuel Macron y a annoncé sa volonté de maintenir les efforts de la France malgré une tendance ces dernières semaines à la réduction d’une partie des effectifs. Le Tchad lui a annoncé le déploiement prochain de 1200 hommes pour renforcer la lutte contre les organisations islamistes, qui se concentrera notamment contre le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans, affilia à Al Quaida. Ont ensuite suivi des réunions de l’OTAN puis du G7, consacrant le retour des États-Unis dans une relation de dialogue et de coopération avec ses alliés. Ces derniers ont notamment annoncé renoncer aux sanctions annoncées par Donald Trump dans les dernières semaines de son mandat à l’encontre de l’Iran, seulement quelques jours après que celui-ci ait au contraire annoncé la réduction prochaine de l’accès des experts internationaux à ses installations non nucléaires. Outre le dossier nucléaire Iranien duquel dépend l’équilibre du Moyen-Orient et qui est pour l’instant au point mort, la pandémie de COVID a aussi mobiliser les conversations. Le G7 a ainsi annoncé hier le don de 4,3 milliards de dollars supplémentaires destinés à faciliter l’accès aux vaccins anti-COVID des pays pauvres, en particulier en Afrique où la Chine est déjà active à travers l’envoi de millions de doses du vaccin Sinovac. Les chancelleries ont donc été actives cette semaine, même par visioconférence. L’occasion pour l’administration Biden fraichement élue de démontrer sa détermination à réintégrer le jeu diplomatique et regagner son leadership passé, face à un partenaire Européen de plus en plus tentée par une indépendance stratégique.


Benjamin Milkoff

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